Marie Curie, les femmes et la science, d'hier à aujourd'hui

Hélène Langevin-Joliot, fille et petite-fille d'une illustre famille.

 

Y a-t-il encore un plafond de verre pour les femmes dans les milieux scientifiques en 2017 ? Le 29 juin à 20h30, le CERN accueillera la physicienne Hélène Langevin-Joliot pour une conférence au Globe de la science et de l’innovation. Directrice de recherche émérite en physique nucléaire fondamentale au CNRS à Orsay, elle a été témoin de l’évolution des femmes dans la recherche durant toute sa longue et riche carrière.  
 

Issue d’une éminente famille de scientifiques (rien de moins que quatre prix Nobel en physique et chimie), et elle-même passionnée par la physique, elle nous parlera de sa carrière en tant que femme dans un métier traditionnellement masculin. Hélène Langevin-Joliot, fille de Frédéric et Irène Joliot-Curie, et petite-fille de Pierre et Marie Curie, a grandi dans un entourage extraordinaire de stimulation intellectuelle. 
 

Dire que les femmes Curie étaient féministes serait un euphémisme. Sa mère et sa grand-mère, toutes deux pionnières dans leur domaine, ont encouragé leur progéniture dès le plus jeune âge et l’ont poussée à se battre pour ses idées, entre autres faciliter l’accès aux femmes aux carrières scientifiques et développer la culture scientifique auprès du grand public.

 

Hélène Langevin-Joliot lève un coin du voile en attendant sa conférence : 

Qu'attendez-vous de votre visite au CERN ?
Je ne suis pas allée au CERN depuis très longtemps. J’attends de cette visite et des rencontres dont elle me donnera l’occasion, un enrichissement de ma culture scientifique et plus généralement de ma culture. C’est aussi la possibilité de voir comment le CERN développe ses initiatives pour faire connaître la science au grand public.

 

Vous êtes-vous « rebellée » jeune à cause de la pression engendrée par la célébrité historique de votre famille ?
Je n’ai pas eu la tentation de me rebeller, quand j’étais enfant ou adolescente, ni même pendant ma jeunesse après-guerre. La pression n’était pas aussi grande que ce que l’on imagine : la médiatisation de tout à laquelle on assiste aujourd’hui n’existait tout simplement pas ou très peu et concernait très rarement la science et les scientifiques. L’approche de la guerre puis l’Occupation, puis la Libération, fournissaient suffisamment de sujets pour mobiliser l’attention.

 

Pourquoi avez-vous choisi la physique, était-ce votre premier choix ?
Au lycée, seuls les problèmes de  mathématiques me passionnaient, je trouvais ceux de physique ennuyeux, réduits à appliquer des règles. Mais ma mère m’a procurée quelques moyens « d’expérimentation ». C’est comme cela que j’ai commencé à prendre plaisir à pratiquer un peu de physique et de chimie, et que j’ai choisi de m’orienter dans cette direction.

 

Comment avez-vous vu l’évolution des femmes dans le milieu scientifique depuis vos débuts à aujourd’hui ?
Après la guerre, quand je suis entrée au CNRS, tout était à faire pour développer les laboratoires. Nous avions un énorme retard à rattraper en physique nucléaire et ceux concernés comportaient « déjà » quelque 25% de chercheurs femmes, ce qui était beaucoup à l’époque. Plus tard, la quasi-absence de femmes dans les colloques internationaux, à l’exception de quelques pays latins ou scandinaves, m’a frappée. Les disparités en France selon les disciplines me sont apparues, ainsi que les effets du plafond de verre. Puis les enjeux de la parité ont monté en puissance, avec de nouvelles générations de femmes plus conscientes des discriminations.

 

Jeudi 29 juin 2017, 20h30, au Globe de la science et de l’innovation (Meyrin).

Entrée gratuite, réservation obligatoire (dans la limite des places disponibles) : http://indico.cern.ch/e/langevin

Conférence en français avec traduction simultanée en anglais.

Evénement organisé par l'équipe Visites et Relations Locales du groupe Education, Communications et Relations Publiques avec l'aide de l'Echo du Reculet de Thoiry.

 

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